La compétition FDI en Europe s'intensifie : le classement 2027 des villes et régions révèle une nouvelle logique des flux de capitaux
Le 22 juillet 2026, fDi Intelligence a officiellement publié l'appel à contributions pour le classement *European Cities and Regions of the Future 2027*, dont le palmarès final sera dévoilé en février 2027. Ce classement de référence évaluera la performance globale des villes et régions européennes selon six dimensions : potentiel économique, rapport coût-efficacité, capital humain et qualité de vie, connectivité, environnement des affaires et stratégie FDI. Derrière cet appel apparemment conventionnel se cachent des changements profonds dans la logique des mouvements de capitaux mondiaux sur le continent européen.
Six catégories d'évaluation : un nouveau cadre de l'attractivité européenne aux yeux des investisseurs
Par rapport aux éditions précédentes, ce classement conserve les éléments clés de l'attractivité des IDE, mais les pondérations et les contenus de chaque dimension sont en train d'être subtilement ajustés.
- **Potentiel économique** : il ne repose plus uniquement sur la croissance du PIB, mais se concentre sur les espaces de croissance des secteurs émergents tels que l'économie numérique, l'énergie verte et la fabrication haut de gamme. La mise en œuvre du *Net-Zero Industry Act* et du *Critical Raw Materials Act* européens accorde une attention particulière aux régions disposant d'atouts en énergie propre et de résilience des chaînes d'approvisionnement (comme les pays nordiques et la péninsule ibérique).
- **Rapport coût-efficacité** : l'évaluation s'étend désormais du coût de la main-d'œuvre aux coûts énergétiques, aux avantages fiscaux et aux coûts de conformité. Les pays d'Europe centrale et orientale (comme la Pologne, la Roumanie), grâce à des coûts opérationnels relativement bas et aux subventions de l'UE, continuent d'attirer les industries manufacturières et les services externalisés.
- **Capital humain et qualité de vie** : le poids de cette dimension augmente, reflétant l'intensification de la guerre des talents technologiques entre les multinationales. Les villes disposant d'universités de qualité, d'un écosystème entrepreneurial et d'une vitalité culturelle (comme Berlin, Amsterdam, Stockholm) deviennent plus attractives après la normalisation du télétravail.
- **Connectivité** : elle ne se limite plus aux infrastructures de transport ; les infrastructures numériques (5G, centres de données) et les nœuds des chaînes d'approvisionnement mondiales (ports, capacité de fret aérien) deviennent des indicateurs clés. Les villes portuaires comme Rotterdam et Hambourg, ainsi que les hubs aériens comme Francfort et Londres, conservent leur avantage.
- **Environnement des affaires** : il couvre l'efficacité réglementaire, la protection de la propriété intellectuelle et la réactivité des pouvoirs publics. Les pays d'Europe de l'Est, en mettant en place des guichets uniques pour l'investissement et en simplifiant les procédures d'approbation, réduisent leur écart avec l'Europe de l'Ouest.
- **Stratégie FDI** : en tant que catégorie distincte, elle exige des agences de promotion des investissements qu'elles détaillent leurs stratégies d'attraction des capitaux. Cela montre que les simples avantages de localisation ne suffisent plus à faire la différence — les plans sectoriels conçus par les autorités locales, les incitations ciblées et les services de suivi deviennent le cœur de la différenciation concurrentielle.
Nouvelle donne dans la concurrence régionale : poussée vers l'Est, maintien à l'Ouest
La carte des IDE en Europe connaît une restructuration structurelle. Les bastions traditionnels de l'investissement en Europe de l'Ouest (Royaume-Uni, Allemagne, France) conservent leur domination dans les services haut de gamme, la R&D et l'innovation, mais les coûts élevés, la crise énergétique et la réglementation complexe poussent une partie de l'industrie manufacturière et des services standardisés à se délocaliser vers l'Europe de l'Est et du Sud.